Expulsion de Laotiens d’origine hmong vers Laos

Le gouvernement thaïlandais a procédé hier à la plus importante expulsion de Laotiens d’origine hmong vers Vientiane.

Au total, 4 371 Hmongs ont quitté le camp aujourd’hui. L’opération s’est achevée en fin d’après-midi et ces Hmongs sont en route vers le Laos. » C’est par ces propos que le colonel Thana Charuvat, coordinateur du centre de rapatriement, a informé hier la communauté internationale de l’expulsion de Thaïlande des réfugiés laotiens de la minorité hmong, hébergés dans des camps, pour certains depuis plus de trente ans. Quelque 5 000 militaires armés de matraques et de boucliers antiémeute s’étaient déployés avant l’aube dans le camp de Huay Nam Khao, à 300 kilomètres au nord de Bangkok. Le premier ministre thaïlandais, Abhisit Vejjajiva, a assuré quant à lui que l’opération s’était bien passée et qu’il n’y avait pas eu de résistance, information démentie par un groupe de défense des droits de l’homme indiquant que quelque 130 Hmongs ont tenté de s’opposer à leur départ forcé. Les renvois de Hmongs au Laos par la Thaïlande ont débuté fin 2006. Au terme d’un accord bilatéral, le processus devait être bouclé d’ici au 31 décembre 2009. Depuis trois ans, plus de 3 000 personnes ont déjà été rapatriées en plusieurs fois mais l’opération d’hier est la plus spectaculaire en nombre et a soulevé un tollé. L’Union européenne a estimé que la mesure était « en contravention avec le droit international ». Les États-Unis et l’ONU ont fait part de leur inquiétude quant à l’expulsion massive et au sort qui les attend au Laos. Une position on ne peut plus opportuniste. Car le dramatique renvoi de réfugiés hmongs s’inscrit dans la longue histoire de la colonisation française en Indochine puis de l’agression américaine. Les Français ont notamment employé les Hmongs, connus pour leur efficacité à se déplacer en milieu hostile, lors de la bataille de Diên Biên Phu. En 1962, les États-Unis les recrutent à nouveau, pendant la guerre contre le Viêt Nam. Cette opération appelée US Secret War a été financée par la CIA. Elle consistait à sécuriser la zone et à récupérer les pilotes américains abattus en venant bombarder la piste Hô-Chi-Minh. Au moment de leur retrait ces derniers du Viêt Nam en 1975, les Américains fermèrent les camps d’entraînement et suspendirent toute aide militaire et financière envers le Laos et les Hmongs. Leur leader politique, Touby Lyfoung, fut emprisonné et mourut en détention, tandis que leur leader militaire, Vang Pao, s’enfuit aux États-Unis. L’arrivée au pouvoir du Pathet Lao (parti communiste laotien) en 1975 ne clôt pas l’histoire des opérations militaires clandestines dans le pays. Des groupes hmongs soutenus par Washington entreprirent des opérations de guérilla contre Vientiane qui, au fil du temps, perdirent leur importance stratégique au vu de l’évolution régionale. Mais les conséquences n’en furent pas moins désastreuses pour des dizaines de milliers de Hmongs. »
Dominique Bari – Humanité le 29.12.2009.

4 réflexions au sujet de « Expulsion de Laotiens d’origine hmong vers Laos »

  1. Bonsoir et bonne année 2010 à tout le monde. Cuong, quel est l’organe de presse où cet article est paru. Il faut toujours citer tes sources si tu veux que tes infos soient fiables et qu’on sache que ce n’est pas toi l’auteur

  2. Pauvres hmongs : vrais maitres historiques de l’Indochine, vrais réfugiés car vrais anti-communistes? ou supposes, vrais prioritaires donc pour quitter les camps malheureusement victimes de ceux qui n’ont pas ces conditions pour mais ayant de l’argent (mais non vrais indochinois) achètent, s’usurpent de leur identité, ces hmongs tués vivants par ces gens a frics cupides encore en europe et ailleurs : qu’ils envoient de l’argent pour SE RACHETER DE CES PÊCHÉS car c’est la moindre des choses pour ces gens cupides ne voyant de la valeur humaine qu’à travers du FRIC.

  3. Voilà des propos humouristiques et ironiques… mais de l’humour de l’ironie dont on ne veut plus !!! En tout cas, moi je n’en veux plus.

    Je pense que le prochain racisme à devenir « à la mode » sera le racisme anti-asiatique. Par exemple, pour désigner la prise d’importance de la Chine, on parle de « péril jaune »… Voyez bien la nuance. On ne parle pas de « péril rouge » ce qui serait certes un peu sectaire, mais qui ferait référence au régime politique et pas à une « race ». Là le « péril jaune » fait référence la couleur de peau des habitants de Chine mais aussi de toutes l’asie orientale.

    C’est outrancier.

  4. Bonsoir à tous, je suis triste pour les miens, je suis moi-même hmong et le fait de voir tout cela se dérouler sous mes yeux cela me rend triste…que personne ne veuille rien faire pour…ils n’ont rien, pas de pétrol ou quoi que se soit pour attirer l’attention des pays riche( la France et les Etats-Unies).Ils ont seulement le peu d’espoir que quelqu’un va enfin les aider…mais nous savons tous que ce n’est qu’illusions perdu…

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