Voici une réaction d’un intervenant :
Salut Anh Cuong, j’ai pris le temps de lire ton blog et voici mes impressions :
Bonjour Anh Cuong,
Concernant ton blog :
– Jai été très sensible à ton dernier article où tu as publié le texte de M. Léon Nguyen.
En effet, mes parents faisant parti cette vague de réfugiés de Ste Livrade (et de Noyant aussi !), je me suis un peu reconnu en tant que fils de Viêt Kieu. Je ne savais pas que les élus locaux voulaient fermer le « camp ». Cest toute une page de lhistoire de France qui se ferme. Une page cachée depuis bien longtemps par un gouvernement qui a rejeté ses enfants dIndochine, partagés entre une lutte contre le colonialisme (sentiment ancestral suite au millénaire doccupation chinoise), et une jeunesse dorée sous le soleil dun protectorat français, tantôt porteur du chapeau blanc de colon, tantôt apporteur de sciences et techniques
Oui, cest un passé douloureux que la France vient juste de reconnaitre avec ses anciens combattants et autres tirailleurs, pauvres bougres sacrifiés par la France.
Je ne connaissais malheureusement pas lexistence de lADRI et de M. Léon Nguyen. Je le découvre grâce à ton blog. Quels ont été tes sentiments suite à cette rencontre ? Jimagine que M. Léon Nguyen est un homme dun certain âge
– Quant à lAssociation des vietnamiens de Luang Prabang en Europe, je ne connaissais pas non plus
Décidément ! Le cousin de mon père a vécu avec femme et enfants au Laos, à Vientiane si mes souvenirs sont bons. Ils sont protestants. Je ne sais pas si cela est récurrent pour les personnes dans ce cas. Je ne connais pas beaucoup de viêtnamiens ayant vécu au Laos, et encore moins à Luang Prabang.
– Javais déjà entendu parler de lAssociation Ecoles dAsie.
A une certaine époque, je suivais déjà le parcours de Paloma Picasso qui uvrait pour cette cause. Ensuite jai vu le développement de ces assos. Jen ai rencontré pas mal au temps où jallais fêter le Têt à Maubert Mutualité
Cest une cause noble que je respecte énormément. Altruisme et abnégation sont les moteurs de tous ces acteurs.
– Courrier des lecteurs :
Je suis daccord avec ces avis. Cependant je rajouterai une donnée importante à léquation.
La communauté asiatique de France ne se mettra jamais au 1er plan. Dommage ? Je pense que cela est en grande partie culturel. Sans rentrer dans des stéréotypes et autres clichés, notre communauté est en règle générale très discrète. En effet, la discrétion asiatique est connue. Alors quid dune implication gouvernementale ? Je ne pense pas non plus quun jour, lun de nous accèdera à un poste clé au sein du Gouvernement Français, bien que je le souhaite.
La diversité est un vaste sujet, que jaffectionne énormément. Ayant grandi en Seine Saint Denis, jai côtoyé pas mal de personnes de tous horizons, de toutes classes. Jen suis sorti riche personnellement. Vivre parmi et avec lautre tout en lacceptant nest pas chose aisée, mais si forte en enseignement ! Jai à moi seul sept origines différentes, mes deux parents étant eux-mêmes métisses asiatique. Je me considère français dorigine vietnamienne, et citoyen du monde
– Quen est-il ressorti de ta rencontre avec la Délégation Parisienne aux Affaires Asiatiques ?
Je connaissais lexistence de ce poste à la municipalité de Paris, étant souvent dans le 13ème, jessaye de me tenir au courant.
– Tu étais donc légionnaire ? Le père de ma mère létait aussi (1900-1968).
Quel parcours ! Le retour à la vie civile na pas été trop dur ?
– Je ne connaissais pas M. Michel BANASSAT.
Est-il officiellement « guide » du 13ème arrondissement ? Il a lair de connaitre ce quartier cher à mon cur, dune façon très professorale, et très complète
– Cuong, je suis daccord avec toi sur ta réponse faite à Jeremkn :
Je ne pense pas non plus que la communauté asiatique soit prête à la médiatisation. Bien que nous soyons le moteur économique dun quartier, dune population, dune diaspora, les Asiatiques ne monteront pas sur les planches tout de suite, mais ceci nengage que moi. Je reviens à nouveau sur « la célèbre discrétion » asiatique, mais cest selon moi un frein au développement de toutes les diasporas, quelles soient Vietnamienne, Chinoise, TeoChew, Laotienne, Cambodgienne
Les Asiatiques sont doués dans beaucoup de domaines, il faut en profiter pour faire « avancer » les choses (sans paraitre bateau). Mais les freins sont là. Il y a effectivement un piège : ne pas tomber dans le communautarisme. Cest un joli piège bien tentant. Rester entre nous et ne pas partager. Je pense quil faut trouver le juste milieu entre rester nous-mêmes avec nos valeurs et notre héritage culturel, et une intégration communautaire pas si évidente. Je ne connais pas beaucoup deuropéen raffolant de durian ! ;-D
– Jen apprends des choses via ton blog ! Je ne connaissais pas non plus Ad@ly !
Jai aussi parcouru leur page. Ah ! Cher Alexandre de Rhodes ! Grâce ( ?) à lui nous sommes le pays dAsie possédant une écriture latine. Que je déchiffre car je nai jamais eu la chance dapprendre à lire et écrire notre langue.
– Je reviens également sur un des courriers de Mr Léon Nguyen.
Il fait part de ce que jai appelé plus haut, un communautarisme tentant. Il parle là des Indochinois, oubliés de lhistoire. Mon point de vue est partagé. Effectivement, les français et les vietnamiens ont loupé le coche ; à cause de Ngo Dinh Diem ? Je pense que oui
Les notions de territorialité, de colonisation, dEtat, de Reconnaissance, doublie
sont les raisons pour lesquelles les Viet Kieu et enfants de Viet Kieu ne savent pas trop où se placer aujourdhui. Que faire ? Rester entre nous et laisser les autres communautés sintégrer ? Où prendre le train en marche et devenir acteur de notre propre évolution ? Le choix est cornélien, pour des asiatiques trop souvent reclus sur eux-mêmes. Mais comment leur/nous en vouloir ? En ces temps de crise, où le repli sur soi même est la seule solution. Enfants indochinois, rejetés par la France, ignorés par leur pays de naissance, terre de nos ancêtres, traités de « chinois vert » dans ces anciens corons du Lot. La vie nest pas si simple, et trouver sa place lest encore moins
Je pourrai ten parler encore des heures et en écrire des pages, tant le sujet est en moi
A bientôt,
Joachim. »