C’est la première fois que les autorités chinoises collaborent avec la France pour décapiter un réseau d’immigration clandestine. Hier à Lognes (Seine et Marne), une délégation chinoise forte d’une douzaine de policiers et de magistrats sont arrivés dans les locaux de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et l’emploi des étrangers sans titre (OCRIEST) pour traiter le volet hexagonal d’une enquête internationale.
Parmi le groupe, deux enquêteurs de l’empire de milieu viennent entendre les protagonistes de cette affaire qui a débuté en juillet dernier entre Shanghai, Pékin et la région parisienne. «Ce qui est inédit dans cette affaire, précise une source proche de l’enquête, c’est que ce sont les chinois eux même qui nous ont donné l’affaire et ils ont même décidé du jour où il nous fallait passer à l’action ». Le 15 juillet dernier, la tête du réseau parisienne, un homme âgé d’une quarantaine d’années, est interpellée à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) et huit autres personnes en Chine dont le passeur qui s’apprêtait à convoyer quatre clients. Parmi les hommes arrêtés en Chine se trouve un trafiquant déjà connu en France et en Suède et Allemagne pour des faits similaires. Le 27 juillet une seconde vague d’arrestations menée par l’office permet d’appréhender en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine de cinq clients de la filière et quatre personnes membres de famille ayant illégalement bénéficier de la procédure de rapprochement familiale. La méthode du réseau était simple et bien huilée. Chaque candidat à l’immigration devait verser entre 12 et 15 000 . Ils embarquaient en avion par groupe de quatre pour une destination hors de l’Europe avec un visa touristique. Et durant le vol, un passeur, venait apposer des vignettes de « titres de séjour allemand » volées en Belgique. « Nous avons découvert quelques-uns de ces documents cachés sous la moquette de l’appartement du patron du réseau à Bagnolet « , confie une autre source. Grâce à ces précieux sésames, les candidats à l’immigration passaient tous les contrôles de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Ils étaient ensuite pris en charge par l’organisation qui les hébergeait à l’hôtel Grand hôtel Paris Opéra (Paris XI) ou dans des familles de la région parisienne.
D’autres étaient envoyés en Italie, en Espagne ou au Luxembourg pour travailler. Tout les passeports étaient confisqués par les trafiquants le temps qu’ils payent la totalité du prix du passage. Seul l’auteur principal a été écroué en France, les autres attendent la fin de l’enquête dans les geôles ultramodernes chinoises. L’enquête se poursuit
A Lognes (Seine-et-Marne), Julien Constant Le parisien.fr 08.12.2010, 09h26
La France et la Chine s’unissent contre les filières d’immigration clandestine à Lognes
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