Avoir 20 ans en Indochine.

En Indochine (Vietnam – Cambodge – Laos), la guerre a été très dure. Mais tous, on aime la France, on ne demande pas la repentance. Nous oublions des actes mauvaises  et nous gardons des belles souvenirs  dans le passé. Nous n’oublions pas que nous sommes des peuples colonisés, mais nous savons aussi que nous avons bénéficié de l’éducation, de la médecine notamment…  Nous voulons l’avenir pour notre pays, la France. Et pourquoi nous sommes ignorés, nous ne sommes pas considérés comme une composante de la France? Si on est ignoré, on ne pourra pas donner le maximum, ainsi notre pays, la France ne pourra pas éviter son déclin… Ci-dessous, un article dans le ParisMatch, le jeudi 26 Mars 2009 :

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Lettre du général.

Je n’avais pas lu ta bio, Cuong. Tu l’as très bien rédigée et modestement. Pour avoir lu la lettre que le général commandant la Légion t’a envoyée à la fin de ton engagement, je sais que tu étais apprécié comme un excellent élément, ce qui ne m’apprenais rien, te connaissant comme je te connais. Je suis d’accord sur le fait que les français originaires d’Asie méritent respect et amitié mais, comme je te l’ai souvent dit, agis en qualité de français à part entière et non comme représentant d’une communauté, comme les bretons, les basques, les alsaciens ou les gascons. Maurice. Nombreux entre vous m’ont demandé de la publier. Et voici la lettre du général, commandant la Légion étrangère m’avait adressé le dernier jour de mon service, 22 Août 1997.

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Colloque « Décolonisons les imaginaires »

Mon intervention à ce colloque, jeudi 12 mars 2009 :

J »ai été soutenu, encouragé, félicité par de nombreux personnes après mon intervention.

Une dame (européenne)  m’a parlé et a tiré mon attention, elle raconte qu’elle avait demandé à une responsable de cette manifestation : « Pourquoi vous n’évoquez pas des asiatiques? »; La responsable, une organisatrice de ce colloque a répondu : « Les asiatiques ne posent pas le problème ». Il n’y a eu que moi, qui ai prise la parole,  posé le problème.

« Bonjour à tous,
Cuong PHAM PHU, habitant de Lognes (Seine et Marne).
Merci à Bertrand DELANOË d’avoir organisé ce colloque, qui nous donne l’occasion de parler, d’exprimer.
Où est la représentation des citoyens d’origine asiatique ? Nous avons assez d’entendre dire que nous sommes pas bêtes, nous sommes bons travailleurs, que nous sommes loyaux. Pourquoi l’ouverture politique nous rejette ?
Pourquoi ne pas encourager les acteurs de la communauté asiatique ?  Il faut encourager, donner un coup de pouce aux acteur, aux association étrangères ou asiatiques qui mènent des actions pour rendre ses membres, ses adhérents, citoyens à part entière. Et, non pas à ceux ou à celles qui se tournent dans leur pays, vers le passé, mais, celles qui se tournent vers la France, notre pays, l’avenir.
Je vous remercie. »

Cliquez dans fichier ci-dessous :

colloque-a-la-mairie-de-paris_0001.pdf


Entretien avec Michel BANASSAT

Ci-dessous, une partie d’un entretien avec Michel BANASSAT. Propos Recueillis par Roman Wu, publié dans « LeCanardLaqué », le 1 mars 2009.

Vous avez soutenu l’année dernière Félix Wu dans l’élection municipale du 13e arrondissement, alors que finalement peu d’Asiatique l’ont soutenu. Selon vous, quelle est la raison de ce désintérêt, puisque Félix Wu est là pour défendre la communauté?

Si j’ai soutenu Monsieur Félix Wu, c’était dans le souci d’une représentation de la communauté asiatique. Monsieur Félix Wu connaissant peu le quartier, il n’y vivait pas d’ailleurs et n’y avait pas son commerce, a ainsi connu l’échec. Bien que d’origine chinoise, Mr Wu n’avait en fait aucune affinité avec les Chinois de 13e arrondissement qui ont une mentalité bien particulière. Ceux qui ont voté pour lui ont en réalité voté pour moi qui étais son bras droit et qui aurais été chargé par la suite de tout l’aspect culturel…J’ai par ailleurs le projet de créer un grand parti de la Diversité en France qui s’appellera Parti de la Diversité et de Démocratie Républicaine. Ils rassemblera toute les communautés d’origine étrangère vivant sur le territoire français. J’en ai déjà écrit le manifeste qui n’est pas encore publié.

Vous qui connaissez bien le 13e arrondissement, quelles sont les différences avec le quartier de Belleville?

Les Chinois du 13e sont des réfugiés politiques, venus du Sud-est asiatique qui ont fui les différents régimes totalitaires établis à partir de 1975 notamment au Cambodge et au Vietnam, alors que les Chinois de Belleville sont  des réfugiés économiques venus directement de la Chine populaire. Ces derniers n’ont pas conservé les traditions ancestrales des premiers puisqu’ils sont nés au sein d’un régime communiste qui nie entre autres toute forme religieuse. Les réfugiés économiques continuent d’affluer à Belleville, mais je pense qu’il serait plus légitime et plus juste, au nom des droits de l’homme dont nous nous glorifions pourtant continuellement, et moins coûteux, de les régulariser au lieu de leur payer un retour gratuit en Chine et de leur donner à chacun 2000 euros. Ils peuvent fort bien travailler pour l’économie française comme les autre. C’est une richesse pour nous et non un poids. Les personnes d’origine chinoise du 13e arrondissement viennent de l’ex Indochine française (Vietnam, Laos, Cambodge), alors que les autres leur sont totalement étrangers, bien que possédant une langue commune. Les uns et les autres ne sont déjà pas issus des mêmes provinces chinoises. Dans le 13e ce sont des Chinois issus de la Chine méridionale qui se sont installés en Asie du Sud-est à partir du XVe siècle pour des raisons commerciales, alors que les autres viennent aussi bien de Shanghaï que du Nord de la Chine. Ils n’ont donc pas les mêmes mentalités ni les mêmes façons de vivre.

Quel conseil allez-vous donner à la jeunesse asiatique pour qu’elle s’engage davantage dans la vie politique française?

Oui, revenons-en justement à cette jeunesse en laquelle il serait plus que logique de placer toute notre espérance pour l’avenir de la France. Cette jeunesse est belle, noble, généreuse et travailleuse. On ne cesse de parler aujourd’hui de diversité, mais les Asiatiques, ne sont nullement représentés. Sont-ils au Sénat, à la Chambre des députés, au gouvernement? Est-il même envisageable d’avoir un jour un Président de la République d’origine asiatique? Il faudrait que la jeunesse se mobilise massivement, et je vas d’ailleurs m’y engager personnellement, pour élire des représentants à tous les niveaux de la vie politique et sociale, pour enfin faire entendre ses droits à cette belle diversité si souvent revendiquée. Il faut que cette jeunesse prenne finalement conscience de son identité et qu’elle la clame haut et fort, car cette identité est parfaitement honorable, tout en restant fidèle aux grandes valeurs de la République. Il ne s’agit ici ni de communautarisme à l’américaine ni d’assimilation de type colonialiste. Il s’agit tout simplement d’un juste milieu qu’il faut adopter sans trop tarder. Nous avons justement une chance unique dans notre pays : celle de regrouper diverses communautés d’origine étrangère en raison de notre long et lourd passé colonial. Ces communautés nous permettraient de réaliser de gros contrats commerciaux à l’étranger sans passer nécessairement par des intermédiaires locaux plus lents et plus coûteux. Saisissons donc cette chance pour faire de la France un pays multiethnique, multiculturel, et donc riche par essence. C’est cette réalité positive qu’il sera nécessaire de montrer et d’imposer tôt ou tard à l’étranger, vu que la France, plus que toute autre nation, incarne la culture dans ce vaste monde, et cela déjà depuis des siècles.

 

Voici le courriel que Monsieur BANASSAT m’a écrit :

Cher Monsieur,

Je vous remercie vivement d’avoir fait figurer sur votre blog une partie de mon article publié dans Le Canard Laqué. Je me bats pour que soit reconnue la diversité en France, cette belle diversité qui fait justement toute la richesse de notre grande nation. Je me bats principalement pour la communauté asiatique avec honneur et fierté, car je connais bien cette communauté avec laquelle j’ai de profondes affinités. J’aimerais rester en contact avec vous et je vous envoie en pièce jointe le manifeste que j’ai rédigé.

Je vous dis donc à bientôt !

 

Pourquoi nous n’irons pas à l’exposition  » à corps ouvert « 

Bonjour à tous,
Je vous propose un extrait d’un texte que j’ai reçu* :

« Cette exposition nauséabonde nous ramène presque 80 ans en arrière lorsque fut organisée l’exposition coloniale de 1931 où l’on a exhibé ces animaux qui ressemblent étrangement à des humains. Dans cette ménagerie de la diversité où cohabitaient nègres d’Afrique Centrale, de Nouvelle Calédonie (le grand-père du footballeur Christian Karembeu) et autres fourbes asiatiques d’Indochine cachant leurs yeux bridés sous de larges chapeaux coniques, la France, émerveillée, avait pu découvrir avec surprise que ces animaux presque humains étaient dotés eux aussi, d’un certain sens du sacré, voire du religieux et même de la faculté de langage. Ne fallait-il pas aider ces presque humains à achever leur mutation pour devenir enfin civilisé et cette œuvre de civilisation ne releva-t-elle pas de la grandeur de la France, créatrice de l’universalité des droits de l’homme et donc, ne fallait-il pas consolider notre présence militaire pour affermir l‘empreinte de notre droit à disposer selon notre bon vouloir de la terre et des hommes de ces lointaines contrées? Tel fut un des prétextes à la consolidation du colonialisme, Albert Sarraut lui-même entendit définir pour les futurs cadres coloniaux les contours de cette mission civilisatrice, dans un discours prononcé à l’école coloniale le 5 novembre 1923.
Mais cette exposition ne manque pas de soulever une question, celle des contours de la politique de la Diversité.
Les morts sont-ils considérés tous de la même façon et d’abord, les morts et surtout leurs proches, ont-ils le droit au respect de leur corps dont ils étaient censés disposer de leur vivant et ce qui les distinguait des animaux de leur vivant, dans nos sociétés devenues policées et civilisées, était justement l’interdiction absolue de porter atteinte de quelque façon que ce soit à leur intégrité physique et même morale ?
Le président du comité national d’éthique s’est interrogé à la télévision sur les réactions de la France si une telle exposition avait été organisée autour des corps suppliciés de défunts, anciens citoyens français de race blanche, qui auraient porté des noms bien français comme Dupont ou Durand, corps qui auraient été, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes, cédés au mercantile producteur, par l’institut médico-légal du quai de la Rapée. Imagine-t-on possible, si nous étions transporté avant 1981, qu’une telle exposition avec les corps des assassins Buffet et Bontemps par exemple, condamnés à la peine de mort, aurait été autorisé par le Président de la République de l’époque? Au demeurant, si l’exposition avait pu être réalisée, le dépeçage macabre de ces deux condamnés, nous aurait-il appris quoi que ce soit sur les processus intellectuels et évènementiels des crimes et autres braquages violents?
Dans cette affaire, le silence également assourdissant du commissaire en charge de la Diversité, du secrétariat aux droits de l’Homme et même de la chancellerie, donnent l’impression déplorable qu’ils sont adeptes d’une conception étriquée et sélective de la Diversité qui semble ne pouvoir s’appliquer qu’en direction des citoyens originaires du continent africain, oubliant que les liens tissés avec tous les peuples de l’Empire couraient des Caraïbes à l’Indochine, sur les bords du Pacifique, en passant par l’Afrique et les comptoirs de l’Inde. Dans cette affaire, il est également légitime de s’interroger sur l’absence de réactions des grandes organisations comme SOS Racisme ou le MRAP.
Enfin, le dictionnaire donne deux sens au mot « sublimation » que le producteur préfère entendre plutôt que les accusations d’exhibition commerciale et de voyeurisme. Dans le premier, c’est le passage direct de l’état solide à l‘état gazeux et dans le second, c’est le mécanisme inconscient par lequel des pulsions socialement réprouvées, génératrice de conflits intérieurs (pulsions sexuelles, agressivité etc.) sont détournées de leur objet premier et orientées vers des buts considérés comme plus conformes aux normes morales qu’il reconnaît. La sublimation, c’est également la réalisation des pulsions à un niveau supérieur. S’agirait-il alors de transférer sur le plan cathartique de l’esthétique des pulsions anti-chinoise en particulier et anti-asiatique en général? »

Léon

* Contactez moi pour le texte en entier.

L’exposition controversée sur des corps disséqués s’installe à Paris

Dix-sept cadavres humains disséqués, dépecés, découpés en rondelles. Quand certains parlent d’exhibition commerciale ou de voyeurisme, Pascal Bernardin préfère le terme de « sublimation ». Après un passage controversé à Lyon puis à Marseille (Le Monde du 29 mai 2008), l’homme d’affaires et producteur de spectacles a pourtant dû batailler pour monter à Paris son exposition « Our body : à corps ouvert ».
« J’ai fait le tour de tous les lieux culturels », explique-t-il. Mais aucun musée n’accepte d’accueillir ses écorchés certifiés authentiques, rendus quasi éternels grâce à un procédé de conservation – la « plastination ». Il se résigne à louer, pour quatre mois, un bâtiment commercial de 1 200 m², à la Madeleine. « On a refusé pour des raisons éthiques, explique-t-on au Palais de la découverte. Le conseil scientifique a trouvé que le fait de présenter des corps humains était assez limite : on avait peur de choquer notre public ».

C’est justement cet aspect provocateur de « musée de la mort » qui a fait, à Lyon et à Marseille, la popularité – et la rentabilité – du concept : 150 000 visiteurs. La première salle donne tout de suite le ton : un corps entièrement découpé en tranches repose dans son cercueil de verre. Plus loin, des organes exposés en pleine lumière, un écorché sur un vélo, une peau humaine, étendue sur table comme un tapis… « Ce n’est que montrer de quoi est fait notre corps », fait mine de s’étonner M. Bernardin. Il joue sur l’aspect « pédagogique » de la présentation, désigne les panneaux explicatifs. Rien qu’on ne puisse trouver dans un manuel de biologie. Pour Jean-Pierre Mohen, directeur de la rénovation du Musée de l’homme, cette exposition n’apporte « rien scientifiquement » : « Elle nous a paru n’être qu’une présentation esthétisante du corps. On n’a pas du tout le moindre début de questionnement sur le corps humain ».

En 2007, la Cité des sciences de La Villette avait envisagé d’accueillir « Body Worlds », l’une des expositions dont s’est inspirée la version française « Our Body », et dont le succès mondial ne se dément pas depuis 1995 – plus de 30 millions de visiteurs au total. Sollicité, le Comité consultatif national d’éthique s’était montré intransigeant face à une commercialisation du corps humain « marchandise de spectacle ».

Quant à la provenance des corps exposés, tous asiatiques, elle prête aussi à polémique. On a ainsi soupçonné Gunther von Hagens, anatomiste allemand inventeur de la plastination et organisateur de « Body Worlds », de s’être procuré illégalement des cadavres de prisonniers chinois. M. Bernardin assure avoir vu « tous les papiers » concernant l’origine de ses propres spécimens, fournis par une fondation médicale de Hongkong. Le producteur peut en tout cas se réjouir : la controverse continue d’alimenter le flot de curieux.

* Clara Baudel
Article paru dans l’édition du 26.02.09 Le Monde.